Cinq jours de road trip sur les côtes de La Réunion
5 days

Cinq jours de road trip sur les côtes de La Réunion

Pourquoi faire le tour de la côte plutôt que de monter dans les cirques

Il y a deux façons très différentes de passer cinq jours à La Réunion : monter dans les cirques et les Hauts, ou rester sur la côte et laisser le climat de l’île raconter l’histoire. Cet itinéraire est du second type. Il ne va ni à Cilaos, ni à Salazie, ni au Piton de la Fournaise — si c’est ce que vous cherchez, tournez-vous plutôt vers un programme dédié trois cirques en quatre jours ou un week-end au Piton de la Fournaise. Ce que vous obtenez ici, c’est une conduite plus facile, une nuit dans une nouvelle ville presque chaque jour, et un aperçu concret de la façon dont les côtes est et ouest d’une petite île volcanique peuvent se comporter différemment.

Ce niveau de difficulté facile est voulu. Il n’y a ici aucune route comparable à celle de Cilaos ou du Maïdo — pas d’épingles, pas de brouillard qui monte en milieu de matinée, pas de descentes à vous crisper les mains. À la place : une étape bien ancrée par région, des routes côtières à un rythme raisonnable, et assez de marge chaque jour pour s’arrêter à un marché, à un point de vue ou devant une assiette de rougail saucisse sans que le programme ne s’effondre. Le compromis est réel : vous ne monterez pas à 2 632 m et ne dormirez pas dans un gîte à Mafate. Ce que vous verrez, en revanche, c’est pourquoi la côte Est est une forêt tropicale et la côte Ouest une station balnéaire, sur la même île, le même jour, à une heure de route l’une de l’autre.

Louer une voiture est quasiment indispensable — voir nos notes sur louer une voiture à La Réunion et conduire à La Réunion avant d’atterrir. La circulation peut se densifier autour de Saint-Denis et sur la route côtière aux heures de pointe, prévoyez donc une marge plutôt que de vous fier à l’estimation d’un GPS.

Jour 1 : Saint-Denis et le Nord

Commencez à Saint-Denis, capitale administrative de l’île, que vous atterrissiez à l’aéroport Roland-Garros à Sainte-Marie ou que vous y récupériez votre voiture. Saint-Denis ne cherche pas à ressembler à une ville balnéaire — c’est une véritable ville de l’océan Indien, à la population réellement mêlée, et cela se sent. Parcourez la rue de Paris et ses maisons créoles aux balcons de fer forgé, longez le front de mer du Barachois, et entrez dans la Grande Mosquée Noor-e-Islam, la plus ancienne mosquée de France, à quelques pas des temples tamouls et des pagodes chinoises. Cela vaut un après-midi entier plutôt qu’une matinée expédiée ; voir notre liste complète des choses à faire à Saint-Denis.

Pour le dîner, réservez une table via une expérience culinaire locale plutôt qu’à l’aveugle — une visite gourmande guidée dans le quotidien culinaire de Saint-Denis est une bonne façon de se familiariser avec la cuisine créole (carris, samoussas, bouchons) avant d’y manger seul pour le reste du séjour. Dormez à Saint-Denis ; rien ne justifie d’avancer plus loin le premier jour.

Jour 2 : la côte Est jusqu’à Saint-Benoît

Quittez Saint-Denis par la route côtière en direction de Saint-André et Saint-Benoît — comptez environ une heure et demie avec les arrêts, davantage si vous vous arrêtez aux étals de vanille au bord de la route près de Saint-André, où la vanille Bourbon est préparée. C’est ici que le climat de l’île bascule : la côte Est reçoit les alizés de plein fouet et reste verte et humide presque toute l’année, un contraste net avec l’Ouest sec que vous atteindrez le cinquième jour. Attendez-vous à des averses même par prévision ensoleillée, et prévoyez en conséquence.

Saint-Benoît est posée sur la rivière des Marsouins et sert de base à la scène rafting et canyoning de l’île — voir le détail dans notre guide sur le rafting et le canyoning à Saint-Benoît. Si vous voulez une matinée active sur ce trajet sans partir en montagne, une descente en rafting sur la rivière des Marsouins se glisse bien avant le déjeuner. L’après-midi, poussez un peu plus loin jusqu’à Sainte-Rose pour l’Anse des Cascades et l’église Notre-Dame-des-Laves, épargnée par la coulée de lave de 1977 qui s’est arrêtée à son seuil. Dormez à Saint-Benoît ou poussez jusqu’à Sainte-Rose si vous préférez vous réveiller plus près des champs de lave que vous traverserez le lendemain.

Jour 3 : le Sud sauvage

C’est le jour où la route côtière mérite son nom de Route des Laves. Depuis Sainte-Rose ou Saint-Benoît, roulez vers le sud en passant par Saint-Philippe pour entrer dans le Sud sauvage — environ une heure à une heure et demie selon vos arrêts, et vous voudrez vous arrêter souvent. Le Grand Brûlé est une étendue de coulées de lave solidifiées, dont certaines ont atteint la mer aussi récemment qu’en 2007, la roche noire plongeant directement dans l’eau bleue avec presque rien de construit alentour.

Le Cap Méchant offre des falaises de basalte et une houle puissante ; avancez jusqu’au point de vue mais ne vous approchez pas du bord de l’eau, la houle y est imprévisible et le littoral est rocheux, pas une plage. La baignade est exclue partout dans le Sud sauvage — aucune protection de lagon ici, et l’ensemble de ce littoral exposé de La Réunion relève du même arrêté préfectoral qui réserve la baignade au lagon et aux zones surveillées.

Une demi-journée guidée qui couvre l’essentiel, un circuit dans le Sud sauvage incluant les cascades, les champs de lave et la Route des Laves, vaut le coup si vous préférez ne pas gérer les arrêts vous-même, car certains des meilleurs points de vue sont faciles à manquer sans connaissance du terrain. Pour une vue d’ensemble de la région, voir la page des choses à faire dans le Sud sauvage et nos notes sur une journée dans le Sud sauvage. Continuez vers l’ouest en direction de Saint-Pierre pour la nuit, environ 40 minutes à une heure depuis la pointe sud du Sud sauvage.

Jour 4 : Saint-Pierre

Saint-Pierre est la capitale officieuse du Sud, et mérite une journée entière plutôt qu’un simple passage. Le marché couvert fonctionne tous les jours et le marché forain du samedi déborde dans les rues, l’un des meilleurs endroits de l’île pour acheter épices, vanille et produits frais directement auprès des producteurs. Le front de mer a une animation en soirée que Saint-Denis n’égale pas tout à fait, et l’aéroport de Pierrefonds se trouve juste à la sortie de la ville si vous arrivez ou repartez par le Sud.

Si la météo le permet, c’est aussi une bonne base pour un vol panoramique — le même circuit dans le Sud sauvage peut se décliner en version hélicoptère pour voir le littoral parcouru la veille sous un angle très différent, avec une tout autre échelle sur les champs de lave. Sinon, passez l’après-midi en ville ; voir les choses à faire à Saint-Pierre pour la liste complète, y compris le musée de la distillerie Saga du Rhum comme option en intérieur en cas de pluie. Passez la nuit à Saint-Pierre.

Jour 5 : Saint-Leu, l’Étang-Salé et retour à Saint-Gilles

La dernière étape file vers le nord-ouest, du côté sec et ensoleillé de l’île — un contraste net avec la côte Est deux jours plus tôt, et la raison pour laquelle cette boucle fonctionne autant comme un récit climatique que comme un road trip. Depuis Saint-Pierre, c’est un court trajet, moins d’une heure, jusqu’à l’Étang-Salé et sa plage de sable noir, puis jusqu’à Saint-Leu, l’un des meilleurs spots de parapente en tandem d’Europe grâce aux thermiques fiables qui montent de la côte. Si le vol n’est pas votre truc, l’observatoire des tortues marines de Kélonia offre une alternative plus calme dans la même ville. Pour une matinée plus tranquille, un vol en parapente en tandem au-dessus de la baie de Saint-Leu offre une dernière vue aérienne sur le lagon que vous allez bientôt rejoindre par la route. Plus de détails dans les choses à faire à Saint-Leu.

Terminez à Saint-Gilles-les-Bains, 20 à 30 minutes plus au nord, où le lagon de l’Hermitage et de La Saline-les-Bains est le seul tronçon de tout ce trajet où la baignade libre est réellement adaptée, protégé par la barrière de corail et délimité par la réserve naturelle marine. C’est un endroit qui convient pour boucler un itinéraire parti d’une ville active, ayant passé cinq jours à observer combien la météo, le littoral et le rythme peuvent changer sur environ 200 km à La Réunion.

Distances et rythme, jour par jour

JourTrajetTemps de conduite habituelNuit
1Aéroport / Saint-DenisTrajets locaux uniquementSaint-Denis
2Saint-Denis → Saint-Benoît (côte Est)1 h 30 – 2 h avec arrêtsSaint-Benoît ou Sainte-Rose
3Côte Est → Sud sauvage → Saint-Pierre2 h – 2 h 30 avec arrêtsSaint-Pierre
4Saint-Pierre (journée sur place)Trajets locaux uniquementSaint-Pierre
5Saint-Pierre → Saint-Leu → Saint-Gilles1 h 30 – 2 h avec arrêtsSaint-Gilles-les-Bains

Ce sont des temps de conduite, pas des distances — sur une route côtière qui traverse des centres-villes et des ronds-points plutôt que de filer en ligne droite, les kilomètres sont un mauvais indicateur de la durée réelle d’une étape.

Notes de préparation pour cette boucle

  • Saison : l’hiver austral (mai à octobre) est plus sec et généralement plus confortable pour les portions exposées du Sud sauvage ; l’été austral (novembre à avril) apporte des pluies plus fortes, en particulier sur la côte Est, et chevauche la saison cyclonique — consultez notre guide de la saison cyclonique à La Réunion avant de réserver un hébergement non remboursable.
  • Voiture : n’importe quelle citadine de location convient ; cette boucle ne demande jamais les routes de montagne qui justifieraient un véhicule plus grand ou avec une garde au sol plus élevée.
  • Baignade : lagon et zones surveillées uniquement, concentrées à Saint-Gilles, l’Hermitage, La Saline-les-Bains, Saint-Leu et le bassin de l’Étang-Salé — jamais le long du littoral ouvert du Sud sauvage. Voir les meilleures plages de La Réunion pour la liste complète.
  • Budget : gamme intermédiaire, les principales variables étant le choix d’hébergement à Saint-Pierre et à Saint-Gilles et le nombre d’activités ajoutées en plus de la conduite.
  • Ce que ce trajet laisse volontairement de côté : Cilaos, Salazie, Mafate et le volcan. Les intégrer suppose d’ajouter des journées de route en montagne, pas d’étirer cet itinéraire — le road trip à La Réunion fonctionne mieux en deux trajets séparés qu’en une semaine surchargée.

Prise en charge et retour du véhicule

Vos cinq jours commencent à Saint-Denis et s’achèvent à Saint-Gilles : la voiture reste donc avec vous du début à la fin, et vous n’avez jamais besoin de la laisser ailleurs. Le point de retrait devient alors le vrai choix : décidez si vous la récupérez dès votre arrivée ou seulement le matin où vous quittez le nord, puisque les jours passés en ville se font sans véhicule.

Vérifiez que la location couvre chaque jour de la boucle, y compris la dernière soirée à Saint-Gilles, et lisez attentivement les conditions de carburant et de kilométrage avant de payer. La côte Est peut être humide en dehors de l’hiver austral ; une option d’annulation flexible est donc utile si vos dates risquent de bouger, et vous pouvez consulter les points de retrait sur Localrent pour cette boucle.

FAQ : préparer une boucle côtière autour de La Réunion

Cet itinéraire inclut-il Cilaos, Salazie ou le volcan ?

Non. Ces sites demandent des routes de montagne et une journée entière chacun. C’est une boucle côtière : associez-la à un itinéraire dédié aux cirques ou à une journée au volcan si vous avez plus de temps.

Combien de kilomètres parcourt-on réellement chaque jour ?

Le kilométrage compte moins que le temps de trajet. Les étapes côtières durent de 1 à 2,5 heures avec les arrêts, la route longeant le littoral à travers les villes et les ronds-points plutôt que de filer en ligne droite.

Peut-on se baigner le long de cet itinéraire ?

Uniquement dans le lagon de la côte Ouest (Saint-Gilles, l’Hermitage, La Saline-les-Bains, Saint-Leu) ou sur des sites surveillés et protégés. Le littoral du Sud sauvage est rocheux et la baignade y est interdite par arrêté préfectoral en raison du risque requin.

Une petite voiture de location suffit-elle pour ce trajet ?

Oui. L’ensemble du parcours reste sur la route côtière en corniche et sur des routes secondaires, sans besoin de 4x4 ni de garde au sol élevée. Une citadine est la norme et se gare le plus facilement à Saint-Denis et à Saint-Pierre.

Quelle est la meilleure période de l’année pour une boucle côtière comme celle-ci ?

L’hiver austral, de mai à octobre, est plus sec et plus frais, ce qui convient le mieux aux étendues exposées du Sud sauvage. De novembre à avril, il fait plus chaud et plus humide, surtout sur la côte Est, et cette période entre dans la saison cyclonique.

Faut-il réserver quelque chose à l’avance ?

Les hébergements à Saint-Pierre et à Saint-Gilles se remplissent vite en haute saison de l’hiver austral. Les activités comme les vols en hélicoptère, le parapente ou le rafting dépendent de la météo et doivent être réservées quelques jours à l’avance, avec une annulation flexible.

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